Discussion générale – Fonds régional de co-investissement / Paris Region Venture Fund
Le Conseil régional examinait en Commission Permanente du 28 mars 2024 une série de délibérations relatives au Fonds régional de co-investissement (Paris Region Venture Fund), outil de soutien aux startups franciliennes. Ce fonds, abondé pour moitié par la Région et pour moitié par les fonds européens (FEDER), vise à soutenir les biotechs, greentechs, industries innovantes et projets à fort impact territorial.
La Chambre régionale des comptes (CRC) a toutefois souligné plusieurs insuffisances :
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manque de caractérisation de l’innovation,
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indicateurs peu pertinents, centrés sur l’emploi régional,
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opacité financière,
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documentation insuffisante des résultats,
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usage croissant du fonds pour des secteurs qui ne correspondent plus à l’intention initiale.
En 2012, le Fonds régional de co-investissement avait soutenu EndoDiag, une biotech remarquable travaillant sur le diagnostic de l’endométriose. En 2013, c’était Aterovax, centrée sur les maladies cardiovasculaires. Deux projets très différents, l’un d’origine génétique ou environnementale, l’autre lié au mode de vie — mais tous deux illustrant parfaitement la légitimité du fonds.
C’est pourquoi il est regrettable que, pour cette première session de l’année — ce 27 mars — nous n’ayons trouvé aucun moment pour débattre du Plan régional de santé environnementale. La prévention doit primer sur le curatif.
La Chambre régionale des comptes recommande d’ailleurs une meilleure caractérisation de l’innovation, une documentation précise et une prise en compte des effets réels des projets. Et l’on comprend pourquoi : au-delà des biotechs, greentechs ou zentechs, nous voyons aujourd’hui fleurir des financements de pseudo-greentechs, de réseaux sociaux… et même de fintechs, ce qui interroge profondément.
Une meilleure caractérisation permettra :
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de prioriser les biotechs et start-ups à impact réel,
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d’évaluer enfin correctement les effets du fonds,
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et de dépasser l’indicateur actuel — l’emploi en Île-de-France — dont la CRC constate l’échec patent.
Le fonds doit évoluer pour mesurer son impact sur la vie des Franciliennes et des Franciliens, et non simplement un nombre d’emplois parfois volatil ou hors périmètre.
Je souscris pleinement à la demande de renforcer le niveau de détail des informations financières transmises au Conseil régional. Plus de clarté permettrait une vision fidèle et cohérente de l’utilisation des fonds européens.
À ce titre, rappelons un point essentiel :
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lors de la dernière séance, Jean-Didier Berger a affirmé que 40 % des fonds européens sont utilisés en maîtrise d’ouvrage régionale ;
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mais dans le même temps, il est désormais établi que 50 % des fonds du Paris Region Venture Fund proviennent directement des fonds européens.
Ce décalage entre les discours, les chiffres et la réalité démontre une nouvelle fois le besoin urgent de transparence, de rigueur, et de cohérence stratégique.