Conseil municipal du 15 juin 2026 : beaucoup de questions, toujours aussi peu de réponses
Le conseil municipal du 15 juin aura une nouvelle fois illustré un fonctionnement devenu habituel : des délibérations qui s'enchaînent, des questions nombreuses soulevées par l'opposition, mais trop souvent aucune réponse de fond apportée aux habitants.
Au-delà des votes techniques de début de mandat concernant plusieurs commissions municipales, nous avons souhaité interpeller la majorité sur des sujets qui concernent directement le quotidien des Draveillois.
À l'occasion de la subvention de 182 920 euros versée à l'école privée Notre-Dame, nous avons souhaité ouvrir un débat plus large sur l'attractivité de l'école publique à Draveil. Pourquoi près de 200 enfants draveillois sont-ils scolarisés dans le privé ? Quels sont les phénomènes d'évitement scolaire ? Quelles actions sont mises en œuvre pour renforcer l'attractivité des écoles et collèges publics ?
Nous avons également interrogé la municipalité sur l'application des programmes obligatoires, notamment l'Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et Sexuelle (EVARS), ainsi que sur le respect des principes républicains dans les établissements financés par l'argent public. Là encore, nous attendons toujours des réponses précises.
Nous avons soutenu le financement de la formation aux premiers secours, tout en demandant quels objectifs concrets la commune poursuivait et combien d'habitants pourraient en bénéficier.
Sur les transports scolaires, nous avons demandé quelles étaient les évolutions tarifaires et combien de familles étaient concernées par les dispositifs existants. Là encore, peu d'éléments ont été apportés.
La modification du Plan Local d'Urbanisme constituait l'un des dossiers majeurs de cette séance. Nous avons voté contre cette délibération.
Nous reconnaissons plusieurs avancées positives : une meilleure protection des arbres remarquables, le renforcement des surfaces de pleine terre, la prise en compte de la désimperméabilisation des sols ou encore la préservation du site de l'aviron. Ces évolutions vont dans le bon sens.
Mais elles ne répondent pas aux défis auxquels notre commune est confrontée.
Cette modification intervient alors qu'une révision générale du PLU est déjà annoncée pour intégrer les nouvelles orientations du SDRIF-E et le projet Joffre. Nous regrettons qu'un document aussi important soit adopté sans véritable débat sur le projet de ville que nous souhaitons construire collectivement.
Nous avons notamment dénoncé l'absence de transparence sur les effets concrets des nouvelles règles d'urbanisme. La municipalité évoque une « densification douce », mais sans jamais expliquer précisément quels quartiers seront concernés, quels droits à construire évolueront et quelles seront les conséquences sur les équipements publics, les circulations ou le cadre de vie.
Nous sommes également préoccupés par le relèvement du seuil déclenchant les obligations de production de logements sociaux. Derrière une modification présentée comme technique se cache un choix politique qui risque d'affaiblir la mixité sociale, sans qu'aucune étude d'impact n'ait été présentée aux élus ou aux habitants.
Plus largement, ce PLU reste silencieux sur plusieurs enjeux essentiels : la pollution de l'air, les nuisances sonores liées aux grands axes routiers, l'adaptation au changement climatique, l'accueil des nouveaux habitants ou encore l'évolution des besoins en services publics. Pourtant, les boulevards Henri-Barbusse et du Général-de-Gaulle concentrent déjà une grande partie des difficultés de circulation, du bruit et de la pollution de la commune.
Nous regrettons également la disparition de la piste cyclable alors même qu'elle figurait dans le schéma directeur des liaisons douces de l'agglomération adopté à l'unanimité. Comment prétendre encourager les mobilités actives tout en supprimant des itinéraires identifiés comme structurants ?
Enfin, le déficit de concertation demeure un problème majeur. Un PLU n'est pas seulement un document réglementaire : c'est un projet de territoire qui doit être partagé, débattu et compris par les habitants.
Au final, cette modification apporte quelques améliorations ponctuelles mais manque de vision d'ensemble. Elle ne répond pas pleinement aux enjeux de santé publique, de logement, de mobilité, de transition écologique et d'adaptation au changement climatique auxquels Draveil devra faire face dans les prochaines années.
C'est pour ces raisons que nous avons voté contre cette délibération.
Comme souvent, les sujets qui préoccupent réellement les habitants ont été renvoyés en fin de séance dans les questions orales :
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la prévention des noyades ;
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la fermeture de l'espace baignade du Port aux Cerises ;
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l'avenir de la piscine Caneton ;
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l'adaptation des écoles aux épisodes de canicule ;
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l'offre de soins de proximité ;
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les difficultés de circulation liées aux nombreux travaux ;
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le respect du pluralisme démocratique ;
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l'avenir du Café Cultures.
Sur chacun de ces dossiers, nous avons posé des questions précises. Les habitants sont en droit d'attendre des réponses précises.
Nous avons voté favorablement plusieurs délibérations utiles aux habitants, notamment celles concernant les garanties d'emprunt, la formation aux premiers secours ou encore certaines mesures de soutien à la vie associative et aux services publics. Nous nous sommes également opposés lorsque nous estimions que les décisions proposées n'étaient pas satisfaisantes pour l'avenir de la commune.
Notre rôle d'élus d'opposition est simple : poser les questions que les habitants se posent, demander des comptes lorsque cela est nécessaire et proposer des alternatives lorsque nous pensons que les choix effectués ne sont pas les bons.
Encore faudrait-il que ces questions obtiennent enfin des réponses.
Car la démocratie locale ne se résume pas à voter des délibérations. Elle suppose aussi la transparence, le débat et la capacité de l'exécutif municipal à répondre aux interrogations légitimes des élus et des habitants.
C'est ce que nous continuerons à défendre au sein du conseil municipal.