[CM 28/03/2026] Installation du nouveau conseil municipal
Ce matin, lors de la cérémonie d’installation du nouveau maire, Anne-Marie Jourdanneau-Fort est devenue « le nouvel édile » (sic) de la ville. Pour incarner le renouveau dans la rupture, elle a choisi 9 adjoints déjà présents lors de l’ancienne mandature, tous élus sur la liste de Georges Tron (re sic).
Pendant le vote, à l’appel de leur nom, des élus d’opposition ont été hués par les soutiens « du nouvel édile », sans que cela ne fasse l’objet d’un rappel à l’ordre. C’est un mauvais augure pour les prochains conseils municipaux, surtout quand on sait que la future maire n’a pas pris le soin de prendre attache avec les élus d’opposition avant cette installation et qu’il n’était pas prévu de prise de parole de l’opposition, ce qui justifie pleinement le refus de prendre part au vote.
Au détour d’une délibération, j’ai pris la parole pour renouveler nos félicitations républicaines et remercier les 3 030 électrices et électeurs qui ont porté leur suffrage sur la liste de rassemblement de la gauche et des écologistes, « Draveil en Commun ».
Nous avons rappelé que nous siégerons ici avec une exigence morale absolue : la probité et l’exemplarité ne sont pas, pour nous, des options, mais les fondements mêmes du pacte républicain. Nous serons des élus engagés, portant avec détermination les trois piliers de notre projet : les transitions démocratique, écologique et sociale.
Nous avons tenu à saluer les agents de notre collectivité. Ils sont le cœur battant du service public draveillois. Ils trouveront en nous des interlocuteurs attentifs, attachés à la valorisation de leur expertise et à l’amélioration de leurs conditions de travail, notamment en matière de mutuelle et de prévoyance.
Et alors que chacun voit bien que la situation économique se tend, le budget de notre pays a été construit sur une hypothèse de baril de pétrole autour de 60 dollars, alors qu’il se situe aujourd’hui aux alentours de 100 dollars. Cet écart n’est pas abstrait : il se traduit concrètement par une hausse des prix des carburants, du chauffage, et par une inflation forte qui touche en premier lieu les produits alimentaires. Les conséquences pour les ménages sont immédiates et durables, et elles exigent des réponses locales à la hauteur.
On l’a vu, cette campagne n’a pas été un débat de projets : la nouvelle maire a refusé la confrontation démocratique et, aujourd’hui encore, une large part de la population est bloquée sur ses réseaux sociaux. Est-ce là sa conception de la démocratie ?
Nous avons conclu sur un point d’une gravité exceptionnelle et qui, pour nous, sera une jauge du degré de rupture avec ses prédécesseurs. De manière systémique, des agents d’accueil ont porté des annotations électorales sur les listings d’accueil lors des deux tours de scrutin. Au regard du caractère systémique, cette démarche ne peut être imputable aux agents, mais provient nécessairement d’instructions données. Ce fichage de nos concitoyens sur des critères politiques constituerait un délit majeur et une atteinte intolérable aux principes démocratiques.
« Madame la Maire, voici trois questions :
Comptez-vous saisir le procureur de la République au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale afin de faire toute la lumière sur ces pratiques ?
Quelles mesures allez-vous prendre pour faire cesser immédiatement ce fichage ?
Pouvez-vous garantir ici qu’aucune rupture d’égalité devant le service public ne découlera de ces pratiques ? »
Nous serons une opposition constructive, mais sans concession lorsqu’il s’agira de défendre les droits des Draveilloises et des Draveillois et l’intégrité de notre démocratie locale.
La première réponse de la maire a été de couvrir le système sortant. La continuité n’est pas un défaut, sauf lorsqu’elle perpétue les mêmes erreurs.
Ça n’augure rien de bon pour la suite.