[CM 23/04/2026] Draveil : quand la communication remplace la réalité
Il y a des affiches qui rassurent. Et puis il y a des conseils municipaux qui réveillent. À lire la communication de la majorité, tout irait bien : un budget “responsable”, des investissements “soutenus”, des services publics “préservés”, une ville qui avance “avec vous, pour vous”. Mais hier soir, au conseil municipal, c’est une tout autre histoire qui s’est écrite, faite d’ambiguïtés, de contradictions et parfois d’un certain malaise.
Prenons la piscine Caneton. Un équipement essentiel, un lieu d’apprentissage pour des milliers d’enfants, un repère pour les habitants. Une motion simple était proposée : demander de la clarté, un plan, une stratégie. La majorité a voté contre, avec un raisonnement pour le moins surprenant : puisque l’agglomération n’a investi que 135 000 € pour l’entretien, cela prouverait qu’elle y croit encore, et que “fin de vie” ne voudrait pas dire fin de vie. On peine à suivre. Car quand un équipement est en fin de vie, ce n’est pas une nuance sémantique, c’est un signal d’alerte. Et refuser de le voir, c’est déjà préparer sa disparition.
Sur la circulation, le constat est tout aussi préoccupant. Des mois de travaux sur le boulevard du Général de Gaulle, puis des années sur le pont, puis une requalification à venir : trois chantiers successifs, sans vision globale, sans stratégie clairement assumée. Les habitants, eux, ne vivent pas des slogans, ils vivent les embouteillages. Sur le carrefour Danton, pas de réponse, C’est déjà une réponse !!!
Et que dire des symboles ? 10 000 € de frais de représentation, dans une ville où l’on demande de la rigueur, dans un contexte budgétaire tendu, dans une période où les agents attendent encore d’être rencontrés. Car oui, il a fallu attendre le 17 avril pour un premier message aux agents, et à ce jour, toujours aucune rencontre avec leurs représentants. On parle de dialogue social, on vote des instances, mais dans les faits, rien. C’est révélateur d’un style de gouvernance : beaucoup d’annonces, peu d’incarnation.
Mais le cœur du problème reste le budget. Là encore, l’écart entre le discours et la réalité est saisissant. Le compte financier 2025 affiche un excédent, mais chacun sait qu’il a fallu l’intervention de la Chambre régionale des comptes, 31% d’augmentation d’impôts en 3 ans des ajustements en urgence et des ventes de patrimoine pour tenir l’équilibre. Un budget corrigé, contraint, bricolé. Et en 2026 ? Un fonctionnement qui augmente, un investissement qui recule, une épargne qui s’effondre. Un équilibre de façade. Ce budget ne prépare pas l’avenir, il gagne du temps.
Enfin, il y a la question des subventions. Moins de transparence, plus de flou, aucun critère clairement affiché, et derrière, des choix qui interrogent. Quand certaines structures visibles sont confortées pendant que d’autres, plus discrètes, voient leurs moyens diminuer, une question se pose. Une campagne électorale coûte cher, et certains arbitrages donnent le sentiment qu’il faut désormais solder les comptes. Heureusement, la question de la probité a été posée, enfin. Mais là encore, on aurait aimé que ces sujets soient pris au sérieux plus tôt.
Au fond, ce conseil municipal aura été utile. Il aura levé le voile. Derrière les mots rassurants, il y a une réalité plus fragile. Derrière les affiches, il y a des choix. Derrière les slogans, il y a une absence de cap. Draveil mérite mieux qu’une communication bien huilée. Draveil mérite de la clarté, de la cohérence et surtout une vision. Ne cherchez pas cela du côté de la majorité !