Rapport CR 2024-060 – Projet de budget 2025
Le rapport CR 2024-060 constitue le cœur du débat budgétaire annuel de la Région Île-de-France. Il fixe les arbitrages politiques, les dépenses d’investissement et de fonctionnement, ainsi que les priorités sectorielles pour l’année 2025.
Ce budget arrive dans un contexte exceptionnel :
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incertitudes majeures sur les recettes régionales, liées à la chute du PLF 2025 après la motion de censure du 4 décembre ;
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annonce par l’exécutif régional d’une “année blanche” sur les politiques cofinancées avec l’État ;
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série de coupes inédites, notamment dans la formation, l’emploi, l’apprentissage, l’action internationale, le logement, le climat et les organismes associés ;
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forte opacité sur l’exécution du PPI lycées et sur la trajectoire de personnel de la Région (postes non pourvus, vacataires, externalisations).
Les interventions ci-dessous s’inscrivent dans la discussion générale du budget, ainsi que dans les débats spécifiques sur :
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le fonds d’aide aux catastrophes,
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le tableau des emplois,
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les amendements de la majorité sur le Titre III, dont un amendement dit « godillot ».
Mes chers collègues, j’ai d’abord une pensée pour les agents des organismes associés qui vont une nouvelle fois subir les conséquences de ce budget.
Sur les 50 postes supprimés au siège, j’aimerais savoir s’il s’agit de celles et ceux qui contribuent déjà à un délai de paiement de 85 jours pour nos partenaires. C’est un chiffre absolument scandaleux, surtout venant d’une majorité qui se revendique libérale et qui devrait être la première à défendre des délais décents pour les PME.
Je veux aussi rappeler que nous sommes passés, en dix ans, d’un budget de 21,6 M€ de loyers sous Jean-Paul Huchon — époque que vous adorez caricaturer — à 35,9 M€ aujourd’hui. Une hausse de 14 millions d’euros pour une Présidente qui promettait l’inverse. Une promesse de baisse des loyers devenue son exact contraire : c’est très « pécressiste », et finalement assez logique venant de vous.
Dans l’actualité tragique que nous connaissons, je veux d’abord saluer le courage des pompiers et de la sécurité civile envoyés à Mayotte. J’ai aussi une pensée pour les habitants des Comores, du Malawi et du Mozambique, frappés par le même cyclone Chido.
Qu’il s’agisse de catastrophes naturelles ou humaines liées au changement climatique — séismes en Turquie, drame au Maroc, guerre en Ukraine, tensions persistantes au Moyen-Orient — nous avons besoin d’un outil réactif pour intervenir.
Cet amendement vise à abonder une ligne dédiée aux interventions humanitaires. Pour toutes ces raisons, nous appelons à un vote favorable.
Le tableau des emplois présenté comporte déjà des incohérences avec les chiffres du budget. Mais la tendance globale reste la même :
10 890 postes théoriques,
70 % de titulaires,
22 % de contractuels,
8 % de postes non pourvus,
50 postes supprimés dans ce même budget.
Dans les lycées, ce sont :
317 agents d’entretien manquants,
75 agents d’exploitation,
49 agents de sécurité,
40 agents de standard,
37 cuisiniers,
25 gestionnaires comptables,
14 chefs de cuisine,
11 techniciens d’opération,
et des taux de vacance dépassant 50 % dans de nombreux métiers essentiels.
Comment continuer à afficher l’ambition de nouveaux lycées sans agents pour les faire fonctionner ? Comment justifier 85 jours de délai de paiement avec un tel sous-effectif ?
Note de contexte
Plusieurs amendements techniques de la majorité n’avaient qu’un objectif politique : attaquer la Ville de Paris. Le groupe écologiste a déposé un sous-amendement humoristique pour dénoncer cet usage mécanique et systématique des amendements : renommer la station Mairie de Saint-Ouen en “Godillot – Région Île-de-France”, en référence à Alexis Godillot mais aussi à la discipline de vote automatique de la majorité.
Mesdames et Messieurs de la majorité, vos six amendements sur le Titre III — dont trois uniquement pour interpeller la Maire de Paris — illustrent parfaitement votre engagement : exécuter sans penser, comme dans un manuel d’obéissance politique.
Après neuf ans d’efforts, pas une once de réalisme n’a trouvé sa place dans votre bilan.
Vous osez affirmer que tout irait bien si les chiffres que vous envoyez étaient vrais… mais dans les lycées :
les 317 agents manquants se voient, et
ils se sentent.
Vous avez utilisé des erreurs de TVA pour justifier l’injustifiable, augmenté les loyers de 14 millions en neuf ans, vendu une large partie du patrimoine régional, et en parallèle vous annoncez un PPI lycées de 6 milliards sur 10 ans, tout en disant investir 1 milliard par an.
1 milliard × 10 = 6 milliards ?
C’est un tour de force mathématique qui ferait pâlir d’envie les meilleurs illusionnistes.
En conclusion, puisque vous excellez dans l’art du suivisme discipliné, je propose — avec toute la délicatesse que vous méritez — de renommer la station desservant notre Conseil en « Godillot – Région Île-de-France », hommage élégant à votre respect indéfectible des consignes.