Intervention Schéma régional des formations sanitaires et sociales 2023-2028

Publié le par François DAMERVAL

Note de contexte

Le rapport CR 2023-011 présente le Schéma régional des formations sanitaires et sociales 2023-2028, visant à définir la stratégie francilienne en matière d’offre de formation pour les métiers du soin, du médico-social et du social.
Ce débat s’ouvre dans un contexte de pénurie de professionnels, d’inégalités territoriales fortes, d’une perte d’attractivité des métiers aggravée par la précarité et les réformes successives ayant fragilisé le secteur (RSA, HPST, RGPP, recul de l’âge de la retraite, inflation, etc.).


Madame la Présidente,
Mes chers collègues,

Si certains parlent de « sentiment d’utilité », pour beaucoup d’acteurs du sanitaire et du social, il ne s’agit pas d’un sentiment : la précarité croissante est une réalité, tangible, brutale, quotidienne.

L’accès aux soins reste profondément inégal, les territoires sont sous-dotés en professionnels, les services publics saturés, les conditions de travail toujours plus pénibles, au point que ces métiers essentiels deviennent de moins en moins attractifs.
Notre société, elle, avance vers un vieillissement massif, une augmentation de la perte d’autonomie, une explosion des besoins en santé mentale, en santé environnementale, en accompagnements spécifiques : jeunes, victimes de violences sexuelles ou intrafamiliales, publics précaires…

Et pendant ce temps, nous payons les conséquences de décisions politiques néolibérales : mutualisation des pertes, privatisation des profits, RGPP, HPST, baisses des APL, recul de l’âge de la retraite… On garde toujours ce « tiers Thatcherien », mais avec aujourd’hui deux tiers Bachelot, soit du 100 % Macron-compatible.
Que reste-t-il au public, lorsque des groupes privés comme ORPÉA, KORIAN ou SOS captent des financements publics massifs ?

Nous demeurons dubitatifs quant au rôle confié à la nouvelle agence issue du dévoiement de la promesse républicaine des missions de Défi Métiers.
Nous réaffirmons notre soutien aux professionnels de la formation et appuyons la demande du CESER, qui réclame un contrôle continu de cette agence.

Puisque nous évoquons le CESER, permettez-moi un conseil : lisez-le, relisez-le, puisque vous savez lire, contrairement à nous, paraît-il… et intégrez le travail sérieux qu’y ont mené les acteurs de la société civile, puisque vous n’écoutez pas l’opposition.

Car enfin, dépenser 6 millions d’euros en panneaux à la gloire de Mme Pécresse, à l’entrée des villes, ne contribue en rien à résoudre la crise de vocation.
Cet argent serait mieux utilisé pour valoriser les formations sanitaires et sociales, notamment les formations médico-sociales, et soutenir celles et ceux qui deviendront infirmières, aides-soignantes, auxiliaires de puériculture, aides à domicile, éducateurs spécialisés, assistants sociaux

Le CESER rappelle d’ailleurs la situation précaire des étudiants des filières sanitaires et sociales : un statut universitaire récent, mais sans intégration réelle, sans accès normalisé aux aides sociales étudiantes, sans logement, sans reconnaissance.

Sur la transition écologique, le schéma ne répond pas aux enjeux :

  • maîtrise énergétique,

  • gestion des déchets et dispositifs médicaux,

  • sobriété matérielle,

  • articulation entre production, soins et impacts environnementaux.

Nous retrouvons la même conclusion que le CESER : un engagement régional faible, insuffisant au regard de l’urgence et des évolutions démographiques.

Compte tenu de ses compétences — territorialisation des formations, contractualisation avec les organismes —, la Région devrait amplifier massivement son action, au lieu de se satisfaire d’ajustements marginaux.

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