Intervention du 8 avril: Budget Administration générale.

Publié le par François DAMERVAL

Je voudrais commencer avec une citation d’un dialogue de Michel Audiard. Ce ne sera pas Les tontons flingueurs, mais le film Le président d’Henri Verneuil, de 1961 que je vous conseille de regarder. N’est pas le président BEAUFORT qui veut. « Le langage des chiffres a ceci de commun avec le langage des fleurs c’est qu’on lui fait dire ce que l’on veut. » Votre budget c’est exactement cela. Vos chiffres sont brutaux et cette brutalité prend plusieurs formes. Après plus de 100 jours à la tête de la Région, c’est le premier débat que nous avons sur celles et ceux qui font cette Région, qui contribuent à ce que la vie des Franciliennes et des Franciliens soit améliorée et facilitée. On ne parle pas de femmes et d’hommes dans le premier débat sur ce sujet, mais de chiffres. On nie la qualité d’hommes et de femmes à ceux à qui on demande toujours plus avec moins de moyens. Ce débat n’est pas digne et je comprends que les syndicats refusent d’aller au CT. On ne connaît pas votre stratégie sur les ressources humaines, si ce n’est d’appliquer ce que vous avez fait du temps de votre passage au gouvernement : vous avez appliqué aveuglément la RGPP.

D’ici la fin du mandat, 720 agents vont partir à la retraite et votre partenaire, l’UDI, souhaite voir partir 418 agents pour une économie de 17 millions d’euros. 418 agents, cela représente 21 % des postes du siège alors que nos compétences augmentent. Ce matin, Mme Stéphanie VON EUW a rajouté 800 000 euros sur les fonds européens. Sur cette nouvelle compétence, vous ne nous avez toujours pas présenté le tableau d’effectifs complet que l’on aura à la fin de la mandature, si ce n’est des chiffres que l’on ne peut pas comprendre. De surcroît, sans en débattre, c’est bel et bien vers une externalisation que vous vous orientez pour la gestion de ces fonds dans le cadre de l’assistance technique, sans qu’il n’y ait eu aucun débat alors que nous pourrions gérer cette compétence assistance technique en interne.

Avant d’en débattre nous aurions dû débattre en commission administration générale de votre stratégie de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. Elle est brutale aussi pour celles et ceux et leurs familles qui sont et seront touchés par les mesures que vous prenez. Votre budget est celui d’un équilibriste qui oscille entre l’amateurisme et la communication politique. Votre outil de formation pour une remise à niveau sur la Région que vous appelez « audit » depuis cinq jours n’est en fait qu’un tract politique.

Ernst&Young n’est pas connu pour ses positions progressistes. Est-ce là la volonté du nouvel Exécutif de précariser les agents, de les remplacer par des stagiaires gratuits ou d’externaliser les services comme cela est fait pour la gestion des fonds européens ?

Vous aurez beau jeu d’attaquer les femmes et les hommes comme le font vos élus sur l’absentéisme. Les faits sont têtus et ce sont vos services qui les communiquent : notre moyenne d’absentéisme est inférieure à la moyenne des communes de plus de 50 000 habitants, malgré une moyenne d’âge de 49 ans pour des agents qui ont 5 ans de plus que la moyenne des salariés. Dans ce budget il manque aussi la provision sur le point d’indice qui représente plus d’un million d’euros pour le deuxième semestre. Au vu des précédentes annexes et coupes budgétaires, vous pourrez redéployer les postes tant vous avez détruit l’action régionale en faveur des plus démunis pour gérer des subventions clientélistes pour le privé.

Par ailleurs vous récupérez des budgets de la suppression du magazine de la Région, seul espace écrit de diffusion des tribunes de l’opposition. Vous bénéficiez d’un désinvestissement dans le siège sans provisionner le déménagement. Doit-on comprendre que nous allons passer le mandat dans l’enceinte du périphérique ?

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