Du bon usage d'un Robien

Publié le par François DAMERVAL

Je me souviens de ce titre de Marianne « pour une véritable rupture ne pas reconduire les sortants ». Je crois que l’on n’a pas été suffisamment nombreux à le lire.

Gilles de Robien vient d’être nommé le 1er août, délégué du gouvernement français au conseil d'administration du Bureau international du travail. Peut être que Nicolas Sarkozy et François Fillon se sont souvenus qu’il été à l’origine de la loi Robien qui faisait la promotion des 35H. C’est en 1993 que le gouvernement RPR-UDF voulant lutter contre la récession assouplit le droit du travail pour plus de flexibilité. Sous le gouvernement Juppé, la loi Robien du 11 juin 1996 allège les charges des entreprises qui réduisent leurs horaires soit pour embaucher soit pour ne pas licencier, allant ainsi à l’encontre de l’aile libérale de la droite.

 

Depuis, il y a eu les lois Aubry 1 et 2, les gouvernements Raffarin et Villepin. Gilles de Robien y est ministre (successivement des transports puis de l’Education Nationale) sous l’étiquette UDF. En 2005, François Bayrou lui demande de quitter le gouvernement devant les multiples catastrophes commises par la majorité UMP. Pour la présidentielle, il choisit Nicolas Sarkozy, il participe à la création du Nouveau Centre et aujourd’hui il est récompensé. Quoique, il va avoir du travail.

 

 Il va avoir du travail dans ses fonctions du BIT et notamment avec l’UMP et le Nouveau Centre pour promouvoir :

-          les conventions de l’OIT (la 81 et la 129 pour les inspecteurs du travail, la 158 qui condamne le CNE et les 8 conventions dites « fondamentales » de l’OIT),

-          la liberté d'association, la reconnaissance effective du droit de négociation collective et le dialogue social,

-          la protection sociale (et non son dépeçage)

-          le droit de grève définit comme tel : « En cas d'échec des négociations collectives, une grève peut être déclenchée. Le souci d'assurer la sécurité de la population et le bon fonctionnement de l'Etat peut conduire à refuser le droit de grève à certaines catégories limitées de travailleurs. » et non le service minimum.

 

On nous avons annoncé une rupture dans les modes de fonctionnement, « les promesses n’engagent que ceux qui les entendent ». Vive le régime de Neuilly.

Publié dans Actualités Nationales

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