Intervention sur la communication sur le "bilan" de l'action européenne de la région

Publié le par François DAMERVAL

Trois stades de connaissance existent : ce que l’on croit, ce que l’on sait, ce que l’on peut prouver. Vu vos résultats, vous avez choisi plutôt la communication, ce qui paraît assez logique. Vous communiquez, vous communiquez beaucoup, mais à très mauvais escient. Nous attendions un jaune budgétaire, nous attendions une stratégie d’alliance avec d’autres Régions européennes, nous attendions l’ébauche d’un débat sur la prochaine programmation financière : nous pouvons toujours attendre. À la fin de la programmation, nous évaluerons donc votre action et, chaque année, vous reviendrez communiquer tout ce que vous faites de « vachement bien », parce que vos super-tableaux sont « vachement réalistes ». Pourtant, les sujets ne manquent pas, et j’en ai notamment deux majeurs sur lesquels j’attire l’attention de nos collègues.

Le premier concerne le soutien de la Région dans les cofinancements des projets. Le retrait de la Région dans de nombreux secteurs, et notamment aux côtés des associations, nuit gravement à le possibilité de permettre aux titulaires de pouvoir bénéficier de cofinancements européens. Ce sujet concerne aussi les cofinancements en matière agricole.

Cela m’amène à mon deuxième sujet. Comme évoqué en commission et malgré les dénégations de l’exécutif, la Région, sous l’impulsion de l’exécutif, est en retrait par rapport aux enjeux essentiels du maintien et de la conversion de l’agriculture biologique. Les retards de paiement pour le pilier 2 fragilisent fortement le secteur. Malgré ce constat, il n’y a aucune réponse de l’exécutif. Peut-être trop de juridisme et pas assez de réalisme dans ce dossier. Mais quel dommage ! Avec des surfaces très faibles, la rentabilité et la création d’emplois sont pourtant au rendez-vous dans cette filière.

Votre communication a aussi de grosses lacunes, et c’est sans doute pour cela que nous n’avons pas de jaune budgétaire. Le volet budgétaire de l’action européenne est très flou. Nous sommes passés à 51 agents qui gèrent les fonds européens, mais ceci se fait forcément au détriment d’autres secteurs de notre administration. Si nous le cumulons avec les 50 suppressions de postes chaque année depuis le début de votre exercice, nous nous retrouvons donc avec 130 postes disparus dans d’autres administrations – mais où ?

Je vous laisse sur votre jolie communication : elle est très belle, les tableaux sont très jolis, quoiqu’un peu trop petits. Nous verrons à la fin ce qu’il en sera réellement de votre action en matière de financement européen.

Publié dans CRIDF

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