Intervention sur le rapport "une politique de la ville rénovée"

Publié le par François DAMERVAL

 Madame la Présidente, Monsieur le Vice-président, je vais d’abord abonder dans le sens de mes collègues CAMARA, VENEZIANO et COSSE sur le fond de ce rapport. Dans sa forme, ce rapport est stigmatisant. Il est stigmatisant sur les mots et les individus. Ce rapport est aussi clientéliste parce que le modèle de comité de jury plutôt que la critérisation conduit de facto à l’arbitraire quotidien bien orienté. Vous touchez le fond avec cette délibération, sans ne rien proposer réellement sur l’égalité des territoires. Vous parlez de donner les moyens, mais les faits indiquent l’inverse. Vous limitez les champs d’intervention réels de la politique de la ville. Vous êtes contre les contrats de ville, ce qui pose un énorme problème, sachant que notre collectivité a signé ces contrats. En quoi allez-vous poursuivre la continuité de la collectivité régionale ? Allez-vous revenir sur les engagements pris par une collectivité, ce qui serait assez rare en matière de démocratie ?  
Vous touchez le fond à réitérer une affirmation des valeurs de la République, mais oubliez toujours notre devise qui est « Liberté, égalité, fraternité ». Rien sur la liberté d’opinion et d’expression, sur la liberté de culte, la liberté d’entreprendre, la liberté de se syndiquer. L’égalité tient à l’égalité devant la loi, à l’égalité devant le suffrage, quels que soient le sexe, l’orientation sexuelle, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques, l’origine, l’appartenance à une minorité, la fortune ou la raison. La fraternité tient aux solidarités, à la famille, à l’entraide, à l’accueil. Nous avons des droits et des devoirs. Ces devoirs sont aussi le code civil de la famille. Vous usez des valeurs de la République uniquement de manière négative en omettant la dimension globale. Ce n’est pas défendre la République, mais se détourner du droit chemin. Sous couvert de laïcité, la droite francilienne attise les passions. Vous franchissez trop souvent la barrière entre laïcité et neutralité. La neutralité de l’usager n’est pas la laïcité.  
Enfin, le volet androcentriste, inséré dans un texte politique de la ville, me choque. Les formes hégémoniques des pensées ne se situent pas uniquement dans les quartiers. On ne naît pas homme, on le devient ; on ne naît pas femme, on le devient. Le combat passe autant par l’éducation et l’instruction que par le droit. Le combat ne passe pas par vos mesures discriminatoires. La place des hommes et des femmes dans notre société n’est pas de compétence régionale et je ne vois pas ce qu’elle fait dans votre texte. Monsieur KARAM, vous attisez clairement les passions. Vous donnez une tribune assez facile au Front National qui peut se répandre avec des propos fascisants, mais vous lui tendez un joli promontoire. Je ne vois pas pourquoi il s’en priverait puisque votre place serait probablement à côté de lui plutôt qu’à faire semblant de le combattre.

Publié dans CRIDF

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