Intervention sur le rapport CR 232-16 : communication sur l'action régionale en faveur de l'emploi des personnes en situation de handicap.

Publié le par François DAMERVAL

 « Traitez les gens comme s’ils étaient ce qu’ils devraient être, et vous les aiderez ainsi à devenir ce qu’ils peuvent être » (Goethe). La situation de handicap est une combinaison entre l’intuitu personae et un rapport au monde et un rapport à la norme. L’aménagement urbain, le logement, le transport, le regard des autres ou son absence, l’accessibilité au sport, à la culture, la place du handicap dans l’audiovisuel sont autant de facteurs d’intégration. Le rapport nous présente l’individu face à son habitus économique, mais ne nous parle à aucun moment de cet individu : pas de distinction entre le handicap inné et la possibilité, dans de nombreux cas, de prévenir l’acquisition du handicap. Ce rapport est aussi très évasif sur la question des discriminations. Mais il est vrai, quand nous voyons certains membres de votre majorité, que la lutte contre les discriminations vous fait toucher le fond en demandant le retrait de campagnes d’affichage de santé publique.

 

Ce rapport ne nous parle pas de la construction des individus, notamment par le biais de l’éducation. Il ne nous parle pas des carences de l’État pour respecter les obligations de scolarisation, ni des obligations départementales, mais il est vrai que les départements conquis par la droite en 2014 sont de vrais laboratoires en matière de sape sociale. Ce rapport ne nous parle pas du travail, sauf par le biais de la création d’entreprise – je vois déjà ici naître l’externalisation ubérisée de l’individu. Il ne parle pas du travail qui crée le handicap, les TMS, l’exposition à la pollution. C’est une norme constante : il n’y a pas prévention du handicap, mais traitement.  
Sur les discriminations, le handicap mental n’est même pas mentionné dans la communication. De plus, le cheminement intellectuel qui crée la discrimination n’est pas combattu. Par le biais de cette communication, sont justifiés de grands projets inutiles. Pour faire passer la pilule, il nous est dit qu’ils seront exemplaires sur l’accueil des publics en situation de handicap. Classe !  
La question du vieillissement et de l’aménagement urbain n’est pas traitée, comme à chaque fois que vous faites d’un sujet une priorité. Il aura fallu attendre septembre 2016, que les associations communiquent, pour que vous renouveliez le CCH. Nous n’avons rien vu, dans la communication, sur le schéma directeur d’accessibilité concernant la révision des contrats PAM, l’insertion du métro parisien, le renouvellement et l’adaptation de la signalétique ou l’accessibilité des gares routières.  
Sur le plan social, concernant notre Région, vous ne faites pas la distinction entre siège et lycées. Ainsi, sur l’objectif de 6 %, le non-remplacement d’un agent sur deux devrait vous permettre d’atteindre votre objectif. Sur les lycées, miser sur le seul recul de l’âge de départ à la retraite devrait être suffisant pour l’atteindre. Saint-Ouen va en outre accélérer l’accessibilité des locaux – pour ceux qui pourront arriver jusque-là.  
Enfin, sur les questions de travail, les personnes en situation de handicap, plus que n’importe qui, savent très bien ce qu’est un système. Dans ce dernier, nous trouvons les aidants, mais rien à leur sujet dans votre communication, alors que l’adaptation du rythme des aidants est pourtant un facteur d’employabilité. C’est bien dommage. 

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