Question Orale du 7 juillet 2016 sur le Brexit

Publié le par François DAMERVAL

Il y a 10 jours à peine, l’Europe a été ébranlée dans ses fondements par la décision des citoyennes et des citoyens britanniques de ne plus faire partie de l’Union Européenne.

La campagne du référendum a porté sur de nombreux sujets nauséabonds, incitant les populations à s’opposer à une Europe qui les volerait, une Europe qui serait une porte ouverte à l’immigration, une Europe qui servirait les autres, et non soi-même. Aujourd’hui, les sphères médiatiques, politiques, les citoyennes et les citoyens français semblent déplorer cette attitude qui prône le repli sur soi au détriment du partage, et chacun regrette l’impasse dans laquelle s’est mise ce Royaume-Uni pour encore combien de temps. Cette décision laisse le reste de l’Europe incrédule, ne semble être plus assumée par personne mais nous fait craindre aussi d’autres positions qui pourraient être semblables et participer au démembrement de notre construction européenne.

Vous déplorez ce démembrement, mais vous draguez les marchés, vous mettez en valeur non pas une Europe des solidarités mais une Europe des prédateurs, une Europe du profit sur le dos des autres métropoles. Cette attitude est paradoxale, indigne et irresponsable, pour l’Île-de-France, qui devrait au contraire porter un message d’unité, de solidarité.

Tirer profit du Brexit et vouloir attirer les ‘impatriés' est une attitude « rapace ». Vous sautez sur l’occasion – et d’autres à vos côtés, d’ailleurs – pour utiliser ces vieilles recettes. Celles de cette Europe, qui s’éloigne toujours plus de son peuple. Des décennies de construction européenne ont oublié les citoyens au profit de la finance, au profit de groupes de pression puissants qui défendent des intérêts privés.

Aujourd’hui, j’aimerai vous entendre dire à tous les jeunes britanniques majoritairement europhiles que leur présence en Ile de France sera toujours garantie.

C’est ce que vous faites aussi.

Il faut être bien naïf pour croire – ou faire croire - que la concurrence des économies et des finances n’est pas le corolaire de la concurrence entre les peuples… La compétition entre les régions européennes est l’une des sources essentielles des débats nauséabonds qui participent à démembrer l’Union Européenne.

Pour les écologistes, l’une des plus grandes régions d’Europe se doit de porter un message responsable. L’Europe n’est pas un organe au service de la finance.

Quelle Europe défendez vous, Madame la Présidente ? Celle de la finance ou celle des peuples ?

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