A part peut être Maggie Pécresse!

Publié le par François DAMERVAL

Les électeurs ne le savaient sans doute pas en glissant le bulletin Valérie Pécresse dans l’urne que derrière ce prénom se cachait une toute autre réalité. En fait, Maggie Pécresse serait plus réaliste. En digne héritière des mouvements néoconservateurs anglo-saxons des années 80, cette mandature commence sous les hospices de la destruction des services publics, le recours au privé, la baisse des dotations aux associations et une communication bien huilée mais faisant fi du débat démocratique dans l’hémicycle.

La première séance a été marquée par une charte d’éthique essentiellement de toque. L’éthique de la première séance a été marquée par la suppression des aides aux plus démunis dans les transports.

La deuxième séance fut marquée par la vision économique et l’avenir de la jeunesse, avec le soutien à un plan stagiaire.

La troisième séance a été une séance de détricotage en règle des questions du logement, tous les leviers de la région ont été détruits avec un seul texte nommé choc de simplification qui est en fait un électrochoc de régression.

La quatrième séance, probablement la plus marquante, a commencé le massacre budgétaire.

La cinquième a saboté les lycées, transférant une grande part des fonds des lycées publics vers les lycées privés.

La sixième a mis en place un système de subvention des entreprises quel que soit leur secteur d’activité.

Sur la mandature, ce ne sont pas moins de 428 postes qui vont disparaître au siège du Conseil régional sur les 1920 postes actuels. La première année, ce sont 25 postes supprimés et les 25 postes non pourvus qui le resteront avec un petit bonus en prime : la suppression de 200 contrats uniques d’insertions hors quota.

Margaret présentera lors de la prochaine séance un plan de départ volontaire sur la base des dispositions de 2008 (elle était alors membre de ce gouvernement), persistant ainsi la sape d’une administration qui n’est pas pléthorique pour gérer un budget de 5 milliards d’euro.

L’investissement de l’administration générale baisse globalement de 15%, avec notamment une baisse de plus de 1 M€ sur les travaux en services généraux, réduits au strict minimum en prévision d’un hypothétique déménagement dont nous ne connaissons toujours pas les modalités d’occupation du futur siège. Maggie n’hésite pas a annoncé qu’elle pourrait privilégier le PPP, alors que la vente du siège dans le 7ème et l’arrêt du recours aux locations (22 millions d’euro/an) devrait permettre de devenir propriétaire du nouveau siège. Pour le fonctionnement, la communication institutionnelle baisse de 25% avec la suppression du magazine, seule source de communication de l’opposition pour pouvoir diffuser une tribune à 4 millions de personnes. Le domaine de Villarceaux fait aussi les frais de la politique de destruction culturelle de la région avec une baisse de 75% de son fonctionnement et bientôt ce sera notre tour !!! Le vice-président en charge de la vie citoyenne prévoit clairement de tailler les budgets des îles de loisir et de revoir l’intégralité de leur fonctionnement. Entre privatisation et tarification des parkings, sans oublier des entrées payantes comme cela est envisagé au Port aux cerises, ce sont une nouvelle fois les catégories populaires qui sont les premières cibles de la droite régionale.

C’est une constante dans le budget que l’on peut résumer ainsi :

Il attaque les plus pauvres, les plus précaires, les plus en difficulté de notre territoire :

- Fini le logement social ou très social, là où sont les besoins,

- Fini la prévention et la médiation, place à la répression à tout va,

- Fini les politiques d’hébergement d’urgence,

- Fini l’aide aux départs en vacances,

- Fini le passeport IVG et la lutte contre les discriminations,

- Fini les tables de quartier,

- Fini les budgets participatifs pour les jeunes de nos lycées,

- Fini le parrainage des sans papiers,

- Fini les aides à la résorption des bidonvilles, aux gens du voyage,

- Fini la lutte contre la précarité énergétique,

- Suppression de la solidarité internationale,

Et pour l’écologie, voici ce que cela donne:

- Fini le fonds de compensation carbone,

- Baisse du financement à Airparif,

- Année blanche pour l’AEV et l’acquisition de terres agricoles,

- Fini le financement aux associations de la COP21 et du développement durable,

- Baisse des budgets alloués à l’agriculture bio,

- Fini la rénovation thermique dans les lycées !

- et davantage de routes !

Ajoutons à cela, la menace qui plane sur le tarif du Passe Navigo !

Tout cela s’est fait naturellement sous couvert de la loi NOTRE et de la réorganisation des compétences régionales, oubliant ainsi que la sécurité –qui voit son budget augmenté- est une compétence régalienne et que la gestion des fonds européens sur le FSE par exemple est d’intérêt et de compétence régionale. Pourtant c’est bel et bien dans une partie du FSE que les attaques sélectives se font !

Alors, lors de la prochaine séance, Maggie va faire une proposition de résolution cadre sur l’Europe. Dans la droite ligne de Margaret Thatcher le 1er paragraphe fleure bon le « I want my money back », négligeant ce que sont les fonds FEDER et FSE. La stratégie européenne de la 1ère région d’Europe ne parle que de recherche de fonds et néglige la culture, la science ou encore la technique. En 2015, l’Ile de France était la région qui a enregistré le plus de brevets d’Europe mais de cela, il ne reste rien dans la délibération soumise. Enfin la région fait le choix de quitter –sans pour autant préciser lesquels- les grands réseaux européens. Elle envisage un rapprochement vers les très grandes régions européennes négligeant ses coopérations internationales historiques.

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